Andhumaty Ahamed Ben Omar : « Travailler pour le PFCC ou pour d’autres programmes, c’est d’abord travailler au bénéfice du pays, de la communauté et des populations »

Depuis plus de sept ans, Andhumaty Ahamed Ben Omar œuvre dans le développement communautaire. Elle est aujourd’hui animatrice et responsable de l’antenne d’Anjouan du Programme Franco-Comorien de Co développement. Interview de la femme du mois.

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Andhumaty Ahamed Ben Omar, animatrice et responsable à l’antenne d’Anjouan du Programme Franco-Comorien de Codéveloppement (PFCC)
© Service de Presse de l'Ambassade de France aux Comores

Pouvez- vous vous présenter ?

Je suis Andhumaty Ahamed Ben Omar. J’ai 36 ans. Je suis mariée, mère de 2 enfants, et nous accueillerons bientôt un troisième membre dans notre famille. J’ai suivi mon parcours scolaire dans ma ville natale d’Ouani et, après mon bac, j’ai fait mes études universitaires dans l’université de Tanarive à Madagascar où j’ai obtenu une licence en histoire socio-culturelle.

Quel est votre rôle au sein du PFCC ?

J’ai commencé en 2009 avec le programme de co-développement avec l’Union des Comores qui est l’ainé du PFCC. Après une année de réflexion et de réorientation des objectifs du programme, j’ai réintégré en 2012 le programme portant le nom de Programme Franco-Comorien de Codéveloppement (PFCC).

Mon rôle à l’antenne d’Anjouan est celui d’animatrice et de responsable de la cellule de coordination du programme sur l’île. J’accompagne les porteurs de projets et je gère l’animation et la coordination des activités de la cellule de coordination. J’effectue également le suivi, l’évaluation administrative et l’évaluation financière des projets. Enfin, je m’occupe de l’évaluation de l’efficacité du programme sur le terrain.

Y-a-t ‘il un projet qui vous a particulièrement marqué ?

Nous avons des projets intéressant, mais celui qui m’a le plus marqué est celui de la distillerie de Saloi. C’est une distillerie innovante qui a mis en place des foyers économes qui consomment moins de bois de chauffe. C’est un projet créateur d’emploi. Il va permettre d’augmenter les revenus des travailleurs de la distillation et d’apporter beaucoup de bénéfices à la petite industrie.
A chaque fois que nous faisons des études de terrain sur ce projet, il y a de nouvelles choses, de nouvelles idées. Les personnes qui viennent à la distillerie sont des personnes passionnées par leur travail, donc très impliquées. Pour pérenniser leur action, ils prévoient de mettre en place une « Maison de l’Ylang » qui sera une vitrine de la production d’Ylang à Anjouan. Pour le programme c’est vraiment une fierté que ce projet soit une réussite et qu’il permette d’avancer des idées pour la valorisation de la fleur d’Ylang.

Quels seraient les types de projets les plus important à mener à Anjouan ?

Pour moi ce serait d’apporter plus d’appuis aux projets portant sur la consommation des matières premières, car en plus de la distillation de la fleur d’Ylang nous avons également un projet de mise en place d’une plateforme de compostage qui va bientôt démarrer ses activités. Nous avons également une unité de production de sel, et un projet de conservation des produits de pèche. Ce sont des idées qu’il faut accompagner. Il y en a bien d’autres. Il y a les fruits, les produits de première nécessité, etc. Ce sont des initiatives qu’il faut encourager pour favoriser la transformation et la conservation de ces produits.

Il faudrait aussi appuyer la formation professionnelle, car si la plateforme de compostage et la distillerie ont pu bénéficier d’appuis techniques, beaucoup des porteurs de projets sont des passionnés qui ont vu de nouvelles idées sur des documentaires ou lors de voyages et qui se sont dit « ça peut marcher chez nous » . Professionnaliser ces gens-là serait un grand atout. Surtout pour la transformation et la conservation des produits locaux.

Enfin je pense qu’il faudrait appuyer l’agriculture, ainsi que l’élevage.

Un mot pour la fin ?

Durant mes sept années d’expérience au sein du programme Franco-Comorien, je n’ai fait que m’affirmer professionnellement. C’est notamment grâce aux collègues avec qui j’ai eu la chance de pouvoir travailler, aux liens tissés avec les personnalités du Service d’Action et de Coopération Culturelle de l’ambassade de France, et aussi grâce à l’appui technique des Volontaire de Solidarité internationale qui sont passés à Anjouan. Ça a été un grand honneur pour moi et un privilège de côtoyer ces gens-là.

De plus, travailler pour le PFCC ou pour d’autres programmes, c’est d’abord travailler au bénéfice du pays, de la communauté et des populations. C’est ce qui a fait grandir ma personnalité et ma passion à œuvrer dans le développement communautaire.

Dernière modification : 14/09/2016

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