Antoine Huart : « En Afrique, la Fondation Sadev 94 intervient au Mali et aux Comores »

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Antoine Huart, délégué général de la Fondation d’entreprises Sadev 94
© Service de Presse de l'Ambassade de France aux Comores

Antoine Huart est délégué général de la Fondation d’entreprises Sadev 94. Après des études de gestion et d’anthropologie, il a travaillé durant 5 ans en tant que coordinateur Afrique pour une ONG française avant de rejoindre la Fondation.

Présentez-nous Sadev 94 et sa Fondation.

Antoine Huart  : Sadev 94 est une société d’économie mixte d’aménagement basée dans le Val de Marne. Depuis sa création en 1986, la société est un partenaire privilégié des villes désireuses d’engager de vastes projets urbains ou de lancer la construction de nouveaux équipements publics, s’imposant comme l’un des principaux acteurs du développement urbain et économique du département. Le conseil d’administration, qui souhaitait intégrer des problématiques de développement durable, a décidé de s’engager dans le développement d’une coopération solidaire. C’est ainsi qu’en 2009 la Fondation a vu le jour.

Dans quels pays et domaines développez-vous des projets de coopération en Afrique ?

S’appuyant sur les dynamiques présentes dans le département du Val de Marne (diasporas, coopérations décentralisées, associations), la Fondation intervient actuellement au Mali et aux Comores.

Nos projets au Mali concernent l’accès à l’eau potable, l’assainissement, le développement agricole et la lutte contre la désertification. Pour les Comores, nous avons été sollicités par la diaspora de Djomani en France qui nous a impressionné par son dynamisme et son niveau d’organisation.

Lors d’une première mission de la Fondation aux Comores en 2012, la diaspora et la commune ont organisé des ateliers au cours desquels des jeunes cadres du village nous ont présenté différents axes d’intervention prioritaires. Finalement, nous avons retenu deux actions auxquelles nous estimions pouvoir contribuer efficacement : l’accès à l’eau potable et la formation professionnelle.

Quels sont les projets de la fondation aux Comores ?

En partenariat avec la Commune de Nyumamdro-Kiblani et sa Diaspora, la Fondation appuie un important projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable. Notre intervention concerne la réalisation d’infrastructures pour le réseau d’eau de Chamlé-Mitsamiouli mais également l’appui à la mise en place d’une gestion pérenne et transparente du service public de l’eau. Cette intervention se mène conjointement avec le Programme GECEAU piloté par la Direction nationale de l’hydraulique (DGEME) sur financement AFD.

Le second projet soutenu par la Fondation concerne la création d’un Centre de formation et d’insertion professionnelle aux métiers du bâtiment (CFIP). La création de ce centre répondait à trois priorités :

• combler le manque de formation technique diplômante sur l’île de Ngazidja
• lutter contre le chômage des jeunes
• renforcer les acteurs économiques locaux dans le domaine du bâtiment.

Depuis 2012, la Fondation Sadev est partenaire de ce projet, de même que le Groupement des Educateurs sans Frontières (GREF) qui apporte son expertise sur les aspects pédagogiques et pour la formation de formateurs.

Le projet a tout de suite été soutenu par le Gouvernorat de l’Île Autonome de Ngazidja qui prend en charge les coûts d’enseignement. Le projet a également reçu le soutien financier de la Région Provence Alpes Côtes d’Azur ainsi que de l’Ambassade de France aux Comores à travers le Programme Franco-Comorien de Codéveloppement (PFCC).

Quel est l’objectif affiché du projet de centre de formation de Djomani ?

L’objectif du projet est ambitieux : il ne s’agit pas simplement de construire un bâtiment mais d’offrir à des jeunes, notamment sortis du système scolaire classique, des formations de qualité, reconnues, qualifiantes et leur permettant une réelle insertion professionnelle. Les formations ont démarré en février 2016 et deux filières sont proposées :

• CAP Construction et Entretien du bâtiment (Maçonnerie Charpente)
• CAP Installation et Entretien en Electricité et Plomberie

Le bâtiment du centre, quant à lui, a été inauguré en mai. La seconde rentrée est prévue pour septembre/octobre 2016, et jusqu’à 80 élèves pourront suivre ces deux formations. Un financement de l’Union européenne par le biais du PAFTP (Projet d’appui à la formation technique et professionnelle) permettra de renforcer les activités du centre et l’accompagnement des jeunes jusqu’à leur insertion.

Avez-vous de futurs projets en préparation en Union des Comores ou ailleurs en Afrique ?

Quelques pistes sont en réflexion avec nos partenaires de la diaspora, mais notre priorité pour les prochains mois est de mener à terme les actions déjà engagées. Une réussite sera déterminante pour convaincre nos partenaires et administrateurs de nous engager dans de nouveaux projets.

Dernière modification : 02/08/2016

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