Interview de l’Ambassadeur de France, M. Robby Judes - Juillet 2015

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1. A quarante ans de l’indépendance des Comores, quel bref bilan pouvez dresser des relations entre la France et les Comores ?

Les relations sont excellentes entre la France et les Comores. Elles sont marquées du sceau de la confiance et la France est et sera toujours aux côtés des Comores pour accompagner ce pays ami sur la voie du développement. De nombreux projets de coopération financés par la France et l’UE qui sont les principaux bailleurs des Comores, permettent à la population de bénéficier de soins, d’avoir accès à l’eau, de se former et de gérer son environnement.

2. On a l’impression que la place de la France se rétrécit dans la diplomatie comorienne et son action moins visible au profit d’autres pays comme la Chine et des pays arabes. Pourtant la France est le premier partenaire et bailleurs des Comores. Pourquoi selon vous ?

Oui, en effet, comme je viens de vous le dire, la France et l’UE sont les premiers et les principaux bailleurs des Comores. Je ne pense vraiment pas que la place de la France rétrécit, comme vous dites, au profit d’autres pays. La France occupe une place éminente comme partenaire des Comores et la population comorienne en est consciente. Depuis mon arrivée à Moroni, j’ai voulu développer des outils de communication au sein de l’ambassade afin de mieux faire connaître nos actions dans le pays. Je voudrais aussi ajouter qu’il ne peut y avoir de concurrence entre les différents bailleurs mais bien au contraire, il faut de la complémentarité entre les différents partenaires. Et nous Français, souhaitons travailler avec tous les autres pays qui veulent participer au développement des Comores.

3. Où en sont les discussions entre les Comores et la France sur Mayotte ?

Les discussions se poursuivent dans un cadre bilatéral au sein du Haut Conseil Paritaire (HCP) suite à la déclaration de Paris de juin 2013. Je comprends l’impatience de certains mais le HCP est une instance qui a à peine deux ans et des échanges fructueux y ont lieu sur des sujets aussi importants que la sécurité maritime ou le sort des mineurs isolés. L’important est d’arriver à une solution acceptable pour les deux parties sur la question de Mayotte sans léser quelque intérêt que ce soit.

4. Des gens vous reprochent d’opter une attitude assez dure sur la question de Mayotte. Que répondez-vous ?

Des gens, quels gens ? Quelle dureté ? Je constate que ceux qui parlent beaucoup sont souvent ceux qui connaissent le moins les dossiers. A moins que certains veulent tout faire pour nuire aux relations entre la France et les Comores. Mais ils n’y arriveront pas. Nous avons trop de liens et trop d’intérêt en commun pour que nous nous laissions entraîner dans des polémiques stériles.

5. La France et l’UE sont les principaux bailleurs du processus électoral des Comores. Comment voyez-vous le pays en mai 2016 ? Agité ou apaisé ?

Je ne dispose pas, hélas, de dons de voyance. L’avenir sera ce qu’aura décidé le peuple comorien. J’ose espérer que le bons sens et la mesure seront au rendez-vous des prochaines échéances. Les Comoriens ont fait preuve, par le passé, d’esprit de tempérance. Je crois qu’ils vont continuer à œuvrer dans ce sens. C’est tout ce je souhaite à votre pays.

6.On a le sentiment que la coopération sécuritaire et militaire est beaucoup mise en avant en ce moment dans les relations entre la France et les Comores. Est-ce à cause des menaces terroristes confrontées, notamment dans la zone ?

La coopération militaire a toujours été un des axes forts de partenariat entre nos deux pays. Des militaires français viennent périodiquement former et entraîner leurs frères d’armes comoriens, notamment pour les préparer à être présents sur le continent africain dans des opérations de maintien de la paix sous contrôle de l’ONU.

Pour la coopération sécuritaire, elle existe et se développe bien évidemment. C’est le cas avec beaucoup d’autres pays dans le monde.

7. Beaucoup de demandeurs de visas critiquent cette manière d’être exposés devant tout le monde pendant l’attente pour entrer à l’ambassade, estimant leur dignité quelque peu écrasée. Y a-t-ils pas d’autres moyens, à mettre en place ?

En matière d’accueil, il n’y a pas de solution parfaite. Force est de constater néanmoins que, depuis les travaux d’aménagement de l’ambassade, il y a un net mieux dans ce domaine. Cependant, des difficultés subsistent et nous travaillons à de nouvelles améliorations.

8. Des grandes sociétés françaises aux Comores, Colas, Lafarge et Cofipris, sont confrontées à d’énormes difficultés en ce moment, aussi bien au niveau de leurs installations que de leurs activités. Quelle est votre appréciation sur cet état des faits ?

J’observe avec inquiétude, ici et là, les difficultés que rencontrent des sociétés françaises et européennes à s’installer aux Comores. Mes interlocuteurs veulent me rassurer. Je leur fais confiance. Cependant, si d’aventure, les entreprises françaises et européennes, de guerre lasse, décidaient de se détourner du marché comorien, les principales et seules victimes seraient les Comores qui perdraient en emplois, en rentrées d’impôt et en attractivité de leur territoire.

9. Pour terminer, votre message à l’occasion des fêtes nationales françaises et comoriennes.

Amis nous étions, amis nous sommes, amis nous resterons pour toujours et vive la coopération franco-comorienne !

Dernière modification : 13/07/2015

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