L’Ambassadeur inaugure la Distillerie de Saloi à Moya

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L’Ambassadeur de France Monsieur Robby Judes inaugurant la distillerie de Saloi.

Mercredi 30 mars, l’Ambassadeur de France en Union des Comores Monsieur Robby Judes a inauguré le projet de distillerie de Saloi à Moya, dans le sud de l’île d’Anjouan. Financé par le Programme Franco-Comorien de Codéveloppement à hauteur de 70%, l’objectif du projet est de produire des huiles d’ylang-ylang de très haute qualité tout en respectant l’environnement. Une pépinière sera en effet mise en place afin d’assurer la replantation de l’ylangueraie et de reboiser les rivières voisines de la distillerie.

40 tonnes de fleurs seront distillées par an et un revenu stable sera assuré aux ouvriers tout au long de l’année.

Retrouvez ci-dessous le discours de l’Ambassadeur de France lors de l’événement :

Monsieur le Représentant du Gouvernorat de l’île Autonome d’Anjouan
Mesdames et Messieurs les Commissaires du Gouvernorat de l’île d’Anjouan
Mesdames et messieurs les Maires
Mesdames et messieurs,

Je suis heureux de pouvoir découvrir cette partie de l’île pour inaugurer le projet de la Distillerie de SALOI cofinancé par le Programme Franco-comorien de Codéveloppement, le Groupement d’Intérêt Economique de la Distillerie de SALOI, l’Association culturelle pour le développement de Moya, sise à Mayotte, et la Banque de Développement des Comores.

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Le projet de création de la distillerie de SALOI s’inscrit dans la continuité de la tradition de production d’huile d’ylang, tout en utilisant des techniques nouvelles de gestion et de marketing. Il s’agit en effet de respecter le savoir-faire local, « l’artisanat » au sens premier du terme, en proposant un produit local de grande qualité, tout en croisant les compétences et les nouveaux savoir-faire pour produire dans le respect de l’environnement anjouanais. Le GIE de SALOI contribue à structurer cette filière en développant l’emploi local et en proposant une exploitation raisonnée, et durable en termes d’exploitation des ressources, puisqu’un soin particulier est apporté aux besoins de renouvellement de la ressource en bois de chauffage et en bois d’ylang.

La Distillerie de SALOI se concentre sur une production d’huiles essentielles d’ylang dont la très haute qualité permet aujourd’hui de se positionner sur des marchés de produits haut-de-gamme. Ainsi, nous ne pouvons que féliciter la signature de contrats passés avec des parfumeurs français pour l’achat de leur production : de grands groupes de parfumerie tels que Biolandes ou Barosyl.

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Les porteurs de ce projet ont su allier développement socio-économique et protection de l’environnement au cours de la mise en œuvre de leurs activités : mise en place d’un salaire fixe à l’année pour les cueilleuses, les sortant ainsi du cycle incertain des emplois saisonniers ; achat des fleurs aux producteurs à taux fixe, ce qui permet d’éviter de dangereuses fluctuations de prix et met les cultivateurs à l’abri de l’incertitude des marchés ; création d’une pépinière d’ylang-ylang nouveaux, d’un jardin de plantes aromatiques et d’un système de récupération des eaux, pour limiter enfin l’utilisation des ressources et penser intelligemment la production de demain.

Je rappelle à cet effet que le problème de la déforestation est une préoccupation majeure qui a été évoquée lors de la Conférence des parties sur le changement climatique en novembre à Paris.

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La Distillerie de SALOI deviendra, je l’espère, une référence en matière de faible consommation de bois de chauffe. J’ai appris que les alambics améliorés dont dispose la distillerie, les fameux modèles ‘Monster’ et ‘Dragon’, permettent une économie des 2/3 du bois habituellement utilisé dans la distillation traditionnelle. Les distillateurs doivent ces innovations à l’ONG Initiative Développement grâce au soutien de la coopération française, et notamment de l’Agence française de Développement. Je me réjouis de ce que les différents acteurs de la filière aient créés des liens forts pour leur permettre de penser à ce que deviendra l’ylang aux Comores dans dix, vingt ans ou au-delà. Nous en parlions lors de l’atelier organisé par Initiatives Développement à la fin de l’année 2015 ; cela devient chaque jour une réalité plus tangible.

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« Si je devais en décrire l’odeur, c’est jasminé, très montant, très puissant. C’est une note qui a presque un aspect fruité, poire et noix de coco dans la tête... On passe par tout le côté floral. Ça descend sur l’évaporation, un peu œillet, un peu clou de girofle » disait Christopher Sheldrake, l’un des grands ‘nez’ de Chanel. Car qu’y-a-t-il de commun entre l’archipel des Comores et le parfum le plus connu au monde, le fameux Chanel n°5 ? L’odeur hypnotique de la fleur des fleurs.

Je vous remercie pour votre attention.

Dernière modification : 04/04/2016

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