Le 14 juillet à la Résidence de France

Le 14 juillet a été célébré à la Résidence de France en présence de plus de 800 personnes composées d’officiels comoriens et d’un public nombreux.

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La soirée a débuté par l’hymne comorien, suivit de l’hymne français chanté par Mme Marilyn Leignel et Mme Justine Audo. Dans son allocution, l’Ambassadeur de France, M. Robby Judes a rappelé l’amitié qui existe entre la France et les Comores et la place de la France qui reste, avec l’Union Européenne, le premier bailleur de l’Union des Comores (voir discours au-dessous).

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La soirée s’est poursuivie autour d’un copieux buffet. Les convives ont pu déguster les plats de la tradition culinaire françaises tels que le « Bœuf Bourguignon » et le « Poulet Basquaise », préparés par le chef cuisinier de la Résidence. Le plateau de fromage et la charcuterie étaient également au rendez-vous.

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Deux musiciens ont accompagné cette belle soirée par des morceaux mélangeant musiques française et comorienne. Les invités sont partis ravis d’avoir pu célébrer la fête nationale française à la Résidence de France. Une bien belle fête où l’amitié franco-comorienne a pris tout son sens !

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Retrouvez le discours de Son Excellence, Monsieur l’Ambassadeur :

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Monsieur le Vice-Président,
Monsieur le Président de l’assemblée nationale,
Monsieur le Ministre représentant le Ministre des relations extérieures,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et Messieurs les élus,
Son éminence le Grand Mufti,
Mesdames et Messieurs en vos rangs, grades et qualités,

Chers amis,

Nous sommes réunis ce soir pour commémorer un beau jour, un très beau jour.

Il y a plus de deux siècles, un petit groupe d’hommes, bientôt suivi par tout un peuple, convoquait l’histoire au chevet de la France et décidait de changer le destin du monde.

De cette folle audace, prenaient naissance de nouvelles valeurs qui allaient bousculer un ordre séculaire. Il a fallu que la révolution française jette en défi à l’Europe coalisée contre elle une tête de roi, selon le mot flamboyant de Danton, pour que les fils de serfs de la terre de France et les fils d’esclaves des colonies, ceux qui n’étaient rien, deviennent tout, c’est-à-dire des citoyens debout d’une nation belle et rebelle.

En quelques années, ce qui était impossible devenait curieusement possible ! Un pays jusque - là féodal prenait résolument le chemin de la modernité et faisait table rase de tous les archaïsmes.

De cet héritage révolutionnaire allait naître le triptyque que le peuple français a toujours su revendiquer depuis : liberté, égalité, fraternité auquel nous pouvons ajouter le beau mot de laïcité. C’est ce socle de valeurs qui a permis à notre pays de traverser les vicissitudes de l’histoire. Le conseil national de la résistance en digne héritier des soldats de l’an II et de ses généraux imberbes a marqué de son empreinte la France moderne par des avancées sociales sans précédent à l’échelle mondiale.

Liberté pour tous ! Liberté individuelle, liberté de conscience ;

Egalité de toutes et de tous et la femme française entamait le long parcours vers l’émancipation, portée par ces grandes et belles figures qui, à l’exemple d’Olympe de Gouges, devaient jalonner notre histoire par leur dévouement et leur sacrifice. La République vient de rendre hommage à deux d’entre elles en panthéonisant Geneviève Anthonoz-de Gaulle et sa sœur en résistance Germaine Tillion.

Fraternité qui se traduit par la solidarité avec les plus pauvres, avec les plus faibles. C’est ce concept qui aujourd’hui traduit les responsabilités de la France envers les pays en développement et les liens entre la France et les Comores.

Ces liens forgés pendant une histoire commune qui a connu une nouvelle étape avec l’indépendance des Comores, il y a tout juste quarante ans. Et ce mois de juillet, riche en anniversaires, est l’occasion pour moi, à la suite du Président François Hollande, au nom de la France de souhaiter à votre jeune nation tous mes vœux de succès en matière de démocratie et de développement.

La France, toujours présente à vos côtés continuera à vous accompagner dans votre cheminement vers le développement. Je me permets de rappeler combien l’apport de la France et de l’Union européenne s’est toujours maintenu au cours des années comme premiers bailleurs de l’Union des Comores.

C’est ainsi que pour la première fois, afin de rendre l’aide plus efficiente, la France et l’UE ont décidé une programmation conjointe qui se chiffre à 135 millions d’Euros sur la période 2014-2020 et qui définit trois objectifs ambitieux :

Objectif I : Contribuer à la stabilité politique et résilience du pays face à la fragilité politico-institutionnelle, par le renforcement de la bonne gouvernance et l’Etat de droit ;

Objectif II : Contribuer à la croissance économique et au développement durable, par l’amélioration des infrastructures, la promotion du secteur privé et financier, et la valorisation des ressources naturelles ;

Objectif III : Contribuer au développement humain et à la réduction de la pauvreté, par l’amélioration des services de base et la valorisation des ressources humaines.

A cette coopération France-UE, j’aimerais rappeler le travail immense de l’agence française de développement qui intervient aux Comores principalement sous forme de subventions, dans les trois secteurs de concentration retenus par le Document Cadre de Partenariat 2012-2014 à savoir la santé, l’eau potable et l’environnement et l’appui au secteur productif.

A travers ces trois secteurs ce sont près de 60 millions d’euros soit près de 30 milliards de KMF qui ont été engagés entre 2007 et 2014 pour le développement des Comores.

La santé pour un total d’engagements entre 2007 et 2014 sous forme de subventions de 19,6 millions d’euros soit 9, 6 milliards KMF à travers notamment les programmes PASCO que le public comorien connaît bien.

L’eau potable et l’environnement, pour lesquels plus de 25 millions d’euros soit 12 milliards KMF ont été octroyés sous forme de subventions entre 2009 et 2014

Depuis peu, l’AFD intervient également dans le secteur de l’environnement, avec un projet de soutien au Parc Marin de Mohéli (3 millions d’euros de subventions soit 1,4 milliards KMF octroyés en avril 2014), visant à protéger la biodiversité exceptionnelle du parc.

L’appui au secteur productif à travers le secteur financier pour un total de 12, 2 millions d’euros soit près de 6 milliards KMF de financements octroyés entre 2009 et 2014 en subventions et prêts.

Dans le cadre de l’insertion régionale, les Comores bénéficient par ailleurs de plusieurs projets financés par l’AFD à travers la Commission de l’Océan Indien (COI) :

1) Projet de surveillance épidémiologique dans les îles du sud-ouest de l’Océan Indien (6 millions d’euros soit près de 3 milliards de KMF) ;

2) Projet de lutte contre les catastrophes naturelles (2 millions d’euros soit plus de 980 millions de KMF) ;

3) Par ailleurs, le FFEM (Fonds français pour l’environnement mondial) intervient aussi en finançant la COI pour un renforcement de capacités dans le domaine de l’adaptation aux changements climatiques (3,6 millions d’euros soit plus de 1,7 milliards KMF), ainsi qu’en appui au Parc Marin de Mohéli, dans le cadre du soutien au réseau des aires marines protégées (300 000 € soit plus de 147 millions KMF) ;

4) Un projet d’appui au secteur privé et au renforcement des capacités commerciales à travers l’ UCCOI ( Union des Chambres commerciales de la COI) sous la forme d’une subvention de 2,4 millions d’euros soit près de 1,2 milliards KMF ;

Il faut en outre mentionner l’engagement de la Coopération française pour la pleine participation des Comores à la COP 21 qui aura lieu en décembre prochain à Paris. L’implication de l’AFD permettra aux Comores de pouvoir compter sur l’apport d’un expert pour la remise de leur contribution nationale d’ici le 1er octobre.

Hors AFD, l’apport de la contribution bilatérale française aux Comores pour 2015 se chiffre à environ 1600 000 € pour 2015 à travers des projets d’appui à la gouvernance, de coopération culturelle, éducative et universitaire en Union des Comores parmi lesquels le programme d’appui à l’Enseignement supérieur et à la recherche, le programme de promotion et d’accompagnement aux études supérieures en France avec l’espace Campus France, le programme de coopération culturelle et d’appui à la francophonie. Je me dois aussi de mentionner les apports suivants de la France :

- Dans le réseau AEFE avec 1.6 millions d’euros par an aux Comores pour la mise en place d’un encadrement de haut niveau et d’une formation d’excellence avec des professeurs certifiés ou agrégés à l’Ecole française Henri Matisse ;

- Au fonds mondial de lutte contre le sida , la tuberculose et le paludisme et l’Alliance GAVI pour la vaccination : à minima 1 million d’euros pour les Comores en 2015 ;

- Au FED : 20% du FED soit environ 3.5 millions d’euros /an ramenée à la quote part pour les Comores ;

- Et enfin, l’apport de la coopération décentralisée française aux Comores : environ 400 000 €/an avec une forte présence de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, la Région Réunion, le Conseil général de la Réunion, le Conseil général de Seine St Denis, différents établissements publics de Mayotte (en particulier le CH Mayotte, le lycée agricole) la Communauté Urbaine de Dunkerque, les villes de St Denis et de la Courneuve.

Au total, le réseau français de coopération et d’action culturelle draine plus de 8 millions d’euros par an d’aide extérieure vers les Comores hors AFD.

En ce qui concerne la coopération dans le domaine sécurité et justice, la France consacrera en 2015 un budget de coopération de sécurité intérieure au profit de l’Union des Comores de l’ordre de 250.000€. Cette coopération est à la fois technique et opérationnelle et traduit l’intérêt de la France pour la sécurité et la défense d’un archipel situé dans un espace géostratégique qui connaît de fortes turbulences.

S’agissant de la coopération de défense, deux volets la composent :

La Coopération structurelle et la coopération opérationnelle. La première s’appuie sur un nouvel accord de partenariat de Défense. Elle s’illustre notamment à travers la présence d’un coopérant de Défense pour une mission de conseil en réorganisation.

Elle existe aussi en 2015 par l’appui à la formation avec 5 places pour des stages en Ecole Nationale à Vocation Régionale (Afrique de l’Ouest). La seconde est mise en œuvre par les FAZSOI et se décline en 2015 autour de trois actions majeures :
- Un DIO qui a eu lieu du 3 au 13 mars 2015 avec le détachement de légion étrangère de Mayotte.
- Un second DIO devrait avoir lieu au cours du 2ème semestre 2015 ;
- Une manœuvre interarmées régionale qui s’est déroulée en mai 2015 à Diego-Suarez.

Au final la coopération de sécurité et de défense au profit des Comores en 2015 représente une ligne budgétaire de près d’1/2 million d’euros.

Chers amis,

Je ne voudrais pas continuer cette énumération au risque de vous lasser mais permettez – moi d’ajouter aux efforts consentis par la France aux Comores, les transferts financiers de la diaspora comorienne en France qui sont de l’ordre de 130 millions d’euros par an, soit plus de 25% du PIB comorien et qui sont là aussi des flux financiers en provenance de France.

Ces projets de coopération dans tous les domaines, cette volonté d’aider le peuple comorien à faire face aux difficultés, cette décision de confirmer les Comores comme pays prioritaire à l’aide au développement font que la France a pleine conscience de son rôle historique dans ce pays. Rôle renforcé par une histoire et une langue communes et par la présence sur notre sol de plus de 300.000 Comoriens dont l’immense majorité détient la double nationalité ;

J’aimerais m’adresser aux Franco-comoriens des Comores et de France et leur dire qu’ils ont une responsabilité particulière dans la préservation et la consolidation de la relation entre nos deux pays. En ce jour de notre fête nationale, je forme le vœu qu’ils travaillent au rapprochement de leurs deux patries et qu’ils soient les gardiens pointilleux des intérêts de nos deux pays. J’ai une pensée particulière pour tous les Comoriens qui n’ont pas la nationalité française et qui sont nombreux à manifester leur amitié et leur soutien à la France, à sa langue et à sa culture. Si la haine de la France ne peut être en aucun cas du ressort d’un citoyen français, même bi-national, ce que je ne peux comprendre et qui serait intolérable, l’amour de notre pays n’est pas corrélé à la détention d’un passeport et je crois pouvoir dire qu’ici, vous êtes nombreux à manifester votre affection pour la France avec ou sans carte d’identité française et je voudrais vous rendre un hommage appuyé. Je sais que dans les moments tragiques qu’a connus notre pays en janvier et très récemment, les dirigeants et le peuple comoriens ont témoigné de leur solidarité et de leur compassion envers notre pays. Signe des liens indéfectibles qui unissent nos deux nations et que personne ne pourra rompre car ce qui nous unit est beaucoup plus fort que les artefacts qui existent ici ou là dans tout rapport humain.

J’appelle votre attention sur la nécessité de mettre l’investissement au cœur du développement des Comores. C’est l’affaire de tous et en premier lieu des Comoriens. Je vois avec inquiétude monter dans ce pays un front du refus. Refus de voir des entreprises françaises et européennes venir s’installer et investir ici.

Je mets en garde les apprentis sorciers, les manipulateurs, les fauteurs de trouble qui, pour défendre des intérêts très particuliers, soudoient de pauvres gens pour mener à bien leurs basses œuvres. C’est grave car ceux-là prennent le parti d’enfoncer un peu plus ce pays dans le sous-développement.

Je voudrais terminer en rendant hommage au travail du consulat, injustement décrié par une partie de la population. La section consulaire assure le traitement des différentes prestations administratives françaises. A ce jour, près de 2100 français sont inscrits au registre mondial.

En 2014, pas moins de 11600 personnes se sont présentées aux différents services consulaires pour le traitement de dossiers concernant l’état civil, l’administration des français et les visas.

A titre d’exemple, 778 passeports, 50 cartes nationales d’identité ont été délivrés et 1069 transcriptions d’acte d’état civil réalisées.

Le poste a également assuré la gestion de 281 dossiers de bourses scolaires et d’enseignement supérieur.

En 2014, 5713 dossiers de visas ont ainsi été traités. Ces demandes concernaient principalement l’espace Schengen dont la France ainsi que la Réunion et Mayotte. A noter que l’ambassade de France auprès de l’Union des Comores est seule en représentation de ses partenaires européens.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

Avant de laisser la parole au représentant du gouvernement comorien, je voudrais remercier tous les amis de la France qui ont souhaité participer à la réalisation de notre fête nationale, je veux parler des acteurs économiques français et comoriens qui savent combien la relation franco-comorienne est précieuse et féconde.

Je fais part de ma gratitude à tout le personnel de l’ambassade et des emprises françaises qui s’est mobilisé pour cette organisation, en particulier le colonel Vallot qui a pris une part essentielle dans la logistique de cette soirée. Sans lui, vous n’auriez pas pu déguster les spécialités françaises des buffets qui vous seront bientôt ouverts.

Vive l’amitié franco-comorienne,
Vive la République,
Vive la France.

Nous remercions tous nos partenaires :
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Dernière modification : 14/07/2015

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