Le portait de la Femme du mois – Hadjira Oumouri

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Vous venez d’être élue députée de la Grande-Comore, après avoir été maire d’Itsahidi (Mbadjini-est) pendant 2 ans et directrice de clinique pendant 14 ans, comment arrivez-vous à concilier votre activité professionnelle et votre vie familiale ?

J’ai toujours pu concilier mes activités professionnelles et ma vie familiale. J’ai la chance d’avoir un mari professeur ouvert au progrès qui comprend l’évolution du monde et ses mutations sociales. Il ne cesse de m’accompagner et de soutenir mes projets relatifs à mes activités associatives et politiques.

Quels sont les 3 mots qui vous caractérisent le mieux ?
- Dignité
- Honnêteté
- Persévérance

Comment en êtes-vous arrivée à vous intéresser à la politique ? Comment avez-vous eu envie de faire de la politique en tant que femme ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Mon adhésion et mon engagement dans les activités associatives m’ont ouvert la voie. A force d’occuper des postes importants, organisations féminines et défense de la cause et les droits de la femme et de l’enfant, j’y ai pris goût. Finalement, je me suis engagée dans les mouvements et les partis politiques. Au sein des partis politiques, j’ai eu quelques embûches qui ont parfois freiné mon élan et mes ambitions. Mais grâce à ma persévérance, je suis aujourd’hui devenue « femme députée »

Le fait que vous soyez une femme a-t-il eu une incidence sur votre carrière en politique ? Quelle est votre perception de la parité hommes-femmes aux Comores ?

Il n’y a jamais eu une incidence majeure sur ma carrière politique. Cependant, aux Comores, le poids des coutumes, des traditions et de la religion constitue, d’une part un frein qui complexe la femme comorienne dans toutes les activités mais, d’autre part, c’est une richesse qui valorise notre pays dans le monde.
La question de parité homme-femme est pertinente. Pour ma part, je pense que la femme devrait s’instruire et s’investir en politique. Faire accepter la notion de parité face aux hommes est un combat qui demande beaucoup d’énergie et de stratégie. Etant femme députée à l’assemblée, j’espère être l’avocate des femmes comoriennes.

Selon vous, quelles seraient les initiatives à mettre en place pour améliorer la place des femmes aux Comores ?

D’abord, on devrait arrêter de stigmatiser les femmes comme des êtres inferieurs. La femme prend toute sa place dans la société et assure à la fois la cohésion sociale et de hautes responsabilités. Je pense que la première initiative à prendre est que la femme puisse avoir confiance en elle et elle puisse se mettre en avant pour exprimer son opinion sans aucun complexe. La femme comorienne doit avoir de l’ambition et elle doit aussi se fixer des objectifs.

Quels conseils donneriez-vous à une jeune Comorienne, qui aimerait s’engager en politique ?

En politique il faut de la patience et de la persévérance. La femme qui veut s’engager en politique doit croire en elle, saisir les opportunités pour acquérir de l’expérience et prouver ses compétences. Il ne faut pas qu’elle se décourage aux premières difficultés qu’elle risque de rencontrer.

Est-ce que vous pensez qu’un jour il y aura une femme comorienne Présidente de l’Union des Comores ?

Oui, certainement. Les femmes commencent à prendre conscience de leur pouvoir. C’est mon vœu le plus cher de voir un jour ce pays dirigé par une femme.

Quels sont vos prochains défis professionnels et personnels ?

Je suis une femme ambitieuse, mon défi c’est administrer ce pays un jour.

Que pouvons-nous vous souhaiter par la suite ?

Une bonne réussite dans la mission que la population m’a confiée en qualité de députée des Comores.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé, nous vous souhaitions une bonne continuation et une bonne réussite dans vos projets aussi bien personnels que professionnels.

Dernière modification : 30/04/2015

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