Le portrait de la Femme du mois – Yasmine Hassane Alfeine

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Bonjour Madame Yasmine Hassane Alfeine, tout d’abord merci de nous accorder cet entretien. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer votre parcours ?

Je suis Yasmine Hassane Alfeine, épouse Mdama Missubah. Je suis née le 5 janvier 1975 à Mutsamudu, où je viens d’être élue récemment conseillère municipale. Je suis mère de deux enfants, une fille de 10 ans et un garçon de 9 ans. Je suis titulaire d’un bac scientifique, d’une maitrise en gestion des Entreprises d’ Afrique de l’Ouest et d’un DEA en Economie Internationale –Développement à l’Université de la Sorbonne (Paris I).

Femme active, je suis à la fois entrepreneur et depuis trois ans, conseillère technique du Gouverneur de l’ile autonome de Ndzouani. Je m’investis dans le monde associatif, puisque je suis la fondatrice de la 1ère ONG de lutte contre les IST-VIH-SIDA (Infections sexuellement transmissibles - Virus de l’Immunodéficience Humaine - Syndrome d’Immunodéficience Acquise) aux Comores « STOP-SIDA ».

Quels sont les 3 mots qui vous caractérisent le mieux ?
-  Le dynamisme, puisque je me suis toujours investie dans les affaires sociales depuis le lycée
-  La rigueur
-  L’honnêteté

Vous êtes conseillère technique du gouverneur autonome de l’île d’Anjouan et fortement impliquée dans la société civile notamment à travers l’association « STOP-SIDA » dont vous êtes la présidente. Comment arrivez-vous à concilier votre activité professionnelle, votre activité associative et votre vie familiale ?

C’est une question très délicate. J’essaye de m’organiser. Malheureusement, parfois je me trouve obligée de dévier et de sacrifier ma vie de famille. Je fais donc des sacrifices considérables…

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre ONG « STOP-SIDA » ? Quelles sont les ambitions pour l’association ?

STOP-SIDA a pour objectif principal la lutte contre le VIH-SIDA. Nous faisons pour commencer, de la sensibilisation en proposant des activités dans les villes et les villages, les établissements scolaires et les lieux où les jeunes sont nombreux. Nous distribuons, donc des préservatifs et des supports de communication pour sensibiliser la population. Nous réalisons également des dépistages anonymes pour les volontaires. Nous traitons aussi avec nos partenaires dont le Global Fund (Fonds mondial), la Direction Nationale de Lutte contre le Sida et la Direction Régionale de la Santé.

Selon vous, quelles seraient les initiatives à mettre en place pour une meilleure qualité de santé aux Comores ?

Il faudrait faire en sorte que tous les Centres Hospitaliers Régionaux soient dotés de suffisamment de médecins pour un meilleur fonctionnement. Il faudrait avoir de bons plateaux techniques et un bon suivi des malades pour une pérennisation de la performance.

Quels sont vos prochains défis professionnels et personnels ?

J’aimerai arriver à concilier ma vie professionnelle, personnelle et familiale.

Le fait que vous soyez une femme-t-il eu une incidence sur votre carrière ? Quelle est votre perception de la parité hommes-femmes aux Comores ?

Non pas du tout parce que je pense que c’est juste une question de confiance en soi. En ce qui me concerne, j’ai eu la chance d’avoir un mari compréhensif et tolérant qui m’accompagne dans mes différents projets. Je pense que c’est une bonne chose qu’il y ait déjà cette parité aux Comores. On la constate comme par exemple dans l’exécutif du Gouvernement de Ndzouani.

Est-ce que vous pensez qu’un jour il y aura une femme comorienne Présidente de l’Union des Comores ?

Oui, j’espère bien que ce jour arrivera vite car il y a des femmes très compétentes et exemplaires. Il suffit seulement de réussir à cultiver une certaine confiance en soi et adhérer à un parti politique pour intégrer les cercles décisionnels.

Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui aux jeunes Comoriens, hommes et femmes, qui souhaitent contribuer au développement de leur pays ?

Par rapport à notre situation économique et sociale, je conseillerai aux jeunes d’être inventifs, créatifs et patients pour se créer un emploi et en créer pour les autres jeunes. Il ne faut pas seulement s’asseoir et compter sur l’Etat pour se trouver du travail. Notre pays est jeune. Tout est à faire. Notre gouvernement ne peut pas tout faire pour nous. Si nous voulons développer notre pays, il faut que chacun y mette du sien et s’engage dans ce sens. Il faut aller de l’avant, se décomplexer des traditions afin de rallier tradition et modernité.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la suite ?

J’aimerai réussir à réaliser mes projets personnels et professionnels ; et je souhaite la réussite de mes enfants.

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé, nous vous souhaitons une bonne continuation et une bonne réussite dans vos projets aussi bien personnels que professionnels.

Dernière modification : 27/03/2015

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