Nadège Lagardère : « Le développement du pays doit passer par le domaine agricole, la formation professionnelle et le développement durable ».

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Nadège Lagardère s’apprête à quitter les Comores après une mission de trois années.
© Service de Presse de l'Ambassade de France aux Comores

Actuellement volontaire de solidarité internationale auprès de l’Ambassade de France en Union des Comores et du Commissariat général au plan*, Nadège Lagardère s’apprête à retourner à La Réunion après trois années passées aux Comores. Interview de la Femme du mois.

Quel est votre parcours professionnel ?

Nadège Lagardère : Je suis diplômée en relations internationales Europe/Océan Indien et en administration publique territoriale à l’Université de La Réunion. J’ai effectué mon stage de Master 2 Relations Internationales à la COI (Commission de l’Océan Indien) dans le domaine d’intervention n°2 : économie, commerce, infrastructure. J’ai principalement travaillé sur la sécurité maritime dans la zone Afrique Australe Océan Indien, région qui rencontre notamment des problèmes de piraterie maritime et de pêche illégale.
Je suis aujourd’hui volontaire de solidarité internationale pour France volontaire Afrique Australe Océan Indien, la Région Réunion et le fond FEDER (Fond européen de développement économique et régional). Je suis arrivée à Anjouan en 2013, où je suis restée dix mois avant de rejoindre Moroni.

Quel est votre rôle au sein du SCAC (Service de coopération et d’action culturelle) ?

Je suis chargée de suivre et évaluer les projets financés dans le cadre des programmes d’appui à la société civile. L’Ambassade de France dispose de deux programmes : le FSD (Le Fond Social de Développement) et le PFCC (le Programme Franco-Comorien de Co-développement). Le FSD concerne des villages, des associations, pour des financements à hauteur de 40,000 euros maximum. Ce sont des projets d’appui aux communautés villageoises et à l’insertion de la jeunesse. Le PFCC, quant à lui, est un programme qui cherche à mobiliser la diaspora comorienne en France, et qui concerne des projets structurants d’envergure pour le développement du pays comme des électrifications de bâtiments à l’aide d’énergie renouvelable ou des projets agricoles.

Parlez-nous d’un projet qui vous a particulièrement marqué.

Le projet de la distillerie de Saloi à Moya (Anjouan) est une vraie réussite. C’est un projet social qui intègre un appui aux cueilleuses d’ylang-ylang qui travaillent généralement dans des conditions pénibles. Elles ont désormais un salaire fixe et des avantages sociaux. C’est aussi un projet environnemental : le directeur de la distillerie a mis en place une pépinière d’ylang-ylang pour renouveler les pieds d’ylang ainsi que des distillateurs à foyer amélioré mis au point par l’ONG Initiative Développement et qui permettent de consommer moins de bois de chauffe.

Arrive-t-il que des projets fonctionnent mal ?

Oui, par manque de communication ou par manque de financement. Nous avons actuellement quelques projets avec lesquels on a des difficultés. Un projet d’écotourisme par exemple : par mauvais emploi des financements accordés, le projet se retrouve en difficulté et ne pourra pas être mené à terme. Beaucoup de projets sont en retard : démarrages tardifs, pénuries de matériaux…

Y a-t-il des secteurs d’intervention dans lesquels les projets sont plus faciles à mettre en place ?

Oui, les projets culturels sont plus faciles à mettre en place, car ce sont des projets à court terme. Le retour sur investissement est également plus important car c’est de l’instantané. Nous avons aussi quelques bons projets agricoles, en partenariat notamment avec l’ONG Dahari. Ce sont des projets qui fonctionnent très bien.

Quels sont les projets stratégiques à mener dans les années à venir pour améliorer le quotidien des comoriens ?

Les trois domaines les plus importants pour le développement des Comores sont le domaine agricole, la formation professionnelle et le développement durable. Il s’agit de revaloriser le métier d’agriculteur auprès des jeunes, donner aux jeunes l’accès à des formations professionnelles dans des domaines clefs et résoudre les problèmes énergétiques et sanitaires.


Quels conseils donneriez-vous au prochain volontaire international qui prendra votre poste ?

Je lui conseillerais d’avoir l’esprit ouvert, d’observer avant de porter des jugements, et de persévérer.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Je souhaite continuer à travailler dans le développement international. J’ai postulé à des offres en Afrique. On m’a donné le goût du voyage quand j’étais jeune : le virus ne se guérit pas.

*Commissariat général au plan : institution comorienne ayant pour but de gérer la planification de la politique gouvernementale. C’est une institution de planification des orientations du gouvernement comorien, chargée des relations avec les partenaires techniques et financiers, les bailleurs de fonds, etc.

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Dernière modification : 01/08/2016

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